Homélie du lundi 2 novembre 2015 - Messe des défunts

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Evangile de Jean 4, 4-14

Homélie du lundi 2 novembre 2015                   Messe des défunts     B                           Jean 4, 4-14     

 

La vie nous donne l’occasion de rencontres improbables qui nous réservent souvent de belles surprises.

Ces rencontres sont d’autant plus fortes qu’elles s’établissent sur le lieu de notre fatigue, de nos manques et de nos soifs !

Dans ce récit Jésus est fatigué et il a soif. Une femme de Samarie vient elle-même puiser de l’eau.

Les familles qui vivent un deuil, elles aussi, comme Jésus sont fatiguées, éprouvées et elles ont soif.

Une soif qui s’exprime d’abord comme une souffrance. La mort d’un proche, d’un être aimé est une mutilation, un manque qui s’installe et

donne le vertige.

Cette soif elle s’exprime dans des questions, des « pourquoi ? ». Pourquoi lui ou elle ? Il ou elle n’a pas mérité ça ! Pourquoi cette souffrance ?

Cette soif, elle s’exprime parfois comme un soulagement. Il ou elle a fini de souffrir. Ou bien il ou elle a été au bout de ses jours après une belle

et longue vie.

Il peut arriver aussi que la mort soit vécue comme une libération pour la famille tant parfois nos relations sont traversées d’incompréhensions,

de malentendus, de blessures qui ne se referment jamais complètement.

Le dialogue qui s’amorce entre Jésus et cette femme est, du côté de Jésus, sans préjugé. Du côté de la femme, elle s’étonne qu’un Juif entre

en contact avec elle alors que la Loi de Moïse l’interdit ! Jésus est toujours prêt à transgresser ce qui empêche la rencontre.

Dans toute rencontre que nous vivons en vérité, les représentations que chacun se fait de l’autre vont bouger. Les familles qui viennent se font

une idée de l’Eglise. Elles vont passer de l’idée qu’elles s’en font à la rencontre de quelqu’un qui sera pour elles le visage concret et fraternel de

l’Eglise.

Ceux qui sont engagés dans l’accueil des familles en deuil ont toujours une appréhension avant la rencontre. Ils vont entrer dans l’intimité et

l’histoire d’une personne et de sa famille et les confidences faites sont un cadeau qui pousse au respect.

La rencontre fait tomber les préjugés et permet aux personnes qui la vivent d’entrer dans un dialogue vital qui permet à chacun d’exprimer sa

soif profonde de vie, d’espérance et d’amour qui nous habite tous autant que nous sommes.

Si tu connaissais le don de Dieu et celui qui te dit : donne-moi à boire, c’est toi qui lui aurais demandé et il t’aurait donné de l’eau vive.

Accompagnateurs des familles en deuil, nous sommes les témoins de Jésus Christ.  Celui qui, de la part du Père, vient à la rencontre de tout

être humain avec une totale bienveillance, sans préjugé ni condition.

Accompagnateurs des familles en deuil nous sommes les témoins indignes de Celui qui, de la part du Père, vient partager nos soifs, nos

questions et nous proposer l’eau vive de l’amour divin.

Un amour qui ne s’impose pas mais qui se propose comme une eau qui désaltère au pic de la chaleur. Un amour qui ne répond pas à toutes

nos questions mais qui les entend et nous permet de vivre avec elles sans qu’elles nous arrêtent. Un amour qui creuse notre soif d’aimer et

d’être aimé, en révélant en nous cette source d’eau jaillissant en vie éternelle pourvu que nous nous laissions rencontrés en vérité et aimés tels

que nous sommes.

Pour les chrétiens que nous sommes, l’eau vive c’est la foi reçue à notre baptême ou plutôt c’est la foi reconnue à notre baptême et qui est en

tout être humain, cette aptitude à la confiance, à l’ouverture à l’autre car c’est toujours dans la relation à l’autre et à Dieu que notre foi en la vie

se révèle et se fait jaillissante comme une source intarissable.

La mort est une souffrance, une mutilation. Elle est aussi une question qui interroge le sens de notre vie. D’où venons-nous ? De qui venons-

nous et où allons-nous ?

La mort, elle est l’autre versant de la vie, comme l’ombre qui donne à la lumière son épaisseur.

La mort elle est l’autre rive de la vie. Entre ces deux rives de la vie, il y a l’amour. Il est l’ultime raison que nous avons de vivre et de mourir.

Vivre et mourir d’aimer, c’est le chemin pris par Jésus. Vivre et mourir d’aimer pourquoi ça ne serait pas aussi notre chemin ?

La résurrection de Jésus c’est un signe de Dieu. Par l’amour, la vie l’emporte sur la mort. Une brèche est désormais ouverte dans la mort par

l’amour de Jésus pour Dieu et pour nous. Et cette brèche ne cesse pas de s’élargir chaque fois que nous aimons comme Lui.

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