Homélie du dimanche 6 décembre 2015

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Evangile de Luc 3,1-6

Homélie du dimanche 6 décembre 2015         2ème Dimanche de l'Avent  C         Luc 3,1-6

 

Luc est un bon historien, il situe l’aventure de Jean fils de Zacharie dans le contexte des chefs politiques et religieux de son temps.

Mais ce n’est pas à eux que la Parole de Dieu est adressée mais bien à lui, Jean, dans le désert.

Un peu comme s’il fallait, pour écouter la Parole de Dieu, prendre un peu de recul, se mettre à distance des grands lieux de paroles

médiatiques, politiques ou religieuses.

C’est une manière, sans doute, de nous inviter à cultiver notre liberté, d’échapper aux évidences, aux discours tout faits, à une pensée

formatée qui ne souffre pas la contestation.

Dans le désert, rien ne parasite l’écoute et dans le silence, la Parole peut être entendue et reçue, parce qu’elle est entendue et reçue sans

brouillage. En même temps le désert est un lieu ambivalent où l’homme, dans le silence, médite et accueille la Parole de Dieu mais c’est aussi

le lieu où sa voix crie dans le vide ou l’indifférence. Le témoignage n’est pas toujours reçu.

Jean accueille la Parole de Dieu, non pas d’une manière abstraite, non pas à partir de rien ni de ses seules émotions, mais par la médiation des

Ecritures. C’est le livre du prophète Isaïe qu’il médite et qui, tout à coup, va se mettre à lui parler. L’Ecriture devient pour lui Parole de Dieu. Et

elle annonce que tout homme verra le salut de Dieu. Alors il se met à parcourir toute la région du Jourdain et proclame un baptême de

conversion pour le pardon des péchés.

Ce qui est intéressant dans la proclamation de Jean, c’est que pour voir le salut de Dieu, il ne suffit pas de se convertir personnellement,

puisqu’il s’agit de préparer le chemin du Seigneur, en aplanissant sa route, en comblant les ravins ; en abaissant les montagnes et en rendant

droits les passages tortueux. Ce travail ne peut pas seulement être individuel. Il est aussi collectif. On ne pourra jamais, à soi tout seul, combler

les ravins, abaisser les montagnes, rendre droits les chemins tordus.

Dans le fond, cet évangile nous invite à vivre en tension, à la fois, la conversion personnelle et la participation à l’action politique de

transformation du monde.

Nous vivons, tous ces derniers jours, au rythme de la COP 21, ce grand rassemblement de tous les pays du monde qui sont mis au défi du

réchauffement climatique. Analyser les causes, mesurer les conséquences, prendre en considération la diversité des intérêts nationaux,

chercher ensemble un autre chemin de développement pour qu’il soit durable, sobre, respectueux des équilibres de la terre et solidaires des

peuples qui l’habitent, ce défi ressemble à la mise en chantier évoquée par le prophète Isaïe.

Cette mise en chantier engage la terre entière, les peuples qui l’habitent et aussi chacun d’entre nous. Chacun d’entre nous, en effet, est mis au

défi de se convertir, de convertir sa manière de consommer et plus largement de vivre !

Pour que tout homme voit le salut de Dieu, il faut résolument ouvrir ce chantier de transformation des rapports de l’homme avec la terre et avec

les autres ; et aussi celui de notre conversion personnelle à des modes de vie et de consommation qui respectent la Création et les autres au

lieu de les instrumentaliser.

Un des accents, très souligné par le pape François dans son encyclique Laudato si c’est l’interaction permanente qu’il y a entre la nature,

l’environnement et les sociétés humaines. Ecologie, économie et vie sociale sont à articuler et à tenir ensemble, dans une tension bénéfique.

Une nature défigurée, exploitée, pillée a son corollaire dans les violences sociales, l’appauvrissement des uns et l’enrichissement des autres

parfois jusqu’à l’indécence !

Il est impossible d’engager le combat pour une terre mieux respectée sans engager celui de la fraternité et de la dignité des hommes et des

peuples dans la recherche de la justice.

Conversion personnelle et participation à l’action politique commune pour la transformation de ce monde sont à conjuguer. Tel est pour moi

l’appel de cet évangile.

Le pape écrit au n° 219 de son encyclique :

Il ne suffit pas que chacun s’amende pour dénouer une situation aussi complexe que celle qu’affronte le monde actuel. On répond aux

problèmes sociaux par des réseaux communautaires et non par la simple somme de biens individuels…/..

La conversion écologique requise  pour créer un dynamisme de changement durable est aussi une conversion communautaire.

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