Homélie du dimanche 4 octobre 2015

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Marc 10, 2-16

Homélie du 4 Octobre 2015                 27° Dim Ord B                  Marc 10, 2-16

 

Ce dimanche, s’ouvre à Rome, la deuxième session du synode romain sur la vocation et la mission de la famille dans l’Eglise et dans le monde contemporain.

Les textes de la liturgie éclairent de leur lumière cet événement important pour notre Eglise, au moment où le modèle familial qu’elle promeut,

est mis à l’épreuve des conditions et des évolutions de la vie actuelle. Qu’il me suffise d’évoquer : L’allongement de la durée de la vie,

l’émancipation des femmes, la revendication de l’individu d’être maître de ses choix, la relativisation des institutions, les contraintes sociales…

voici quelques unes des raisons qui viennent fragiliser et interroger notre vie familiale.

Dans l’évangile, la question posée par les pharisiens est surtout posée pour mettre Jésus à l’épreuve. Ils veulent mettre Jésus en contradiction

avec la Loi de Moïse ou bien le prendre en défaut de miséricorde, sur la question de la répudiation.

Jésus ne se laisse pas enfermer dans la polémique.

Il ne conteste pas la loi de Moïse. Elle est nécessaire, dit-il, étant donné la dureté du coeur des hommes, mais plutôt que de s’abriter derrière la

loi, Jésus rappelle le projet de Dieu. Au commencement, Dieu les fit homme et femme… tous deux deviendront une seule chair. Ce que Dieu a

uni donc, que l’homme ne le sépare pas

La référence de Jésus au livre de la Genèse nous renvoie à la première Lecture.

En la méditant je me suis rendu compte que Dieu, pour créer, s’y est pris en plusieurs étapes, un peu à tâtons. Par touches successives.

D’abord, le Seigneur se rend compte qu’il n’est pas bon que l’homme soit seul. Et au lieu de lui présenter une femme, il modèle les bêtes des

champs, les oiseaux du ciel et les amène vers l’homme pour voir quel nom il leur donnerait. En confiant à l’homme de nommer les êtres vivants,

Dieu l’associe à sa création. En donnant un nom à chacun, l’homme contribue à faire sortir de la confusion, il reconnaît chaque créature pour

ce qu’elle est et il en devient responsable.

Mais cette fois, c’est l’homme lui-même qui ne trouve pas l’aide qui lui correspond.

Il ne suffit pas à l’homme de participer à l’œuvre créatrice de Dieu pour se sentir bien dans sa peau. Il éprouve un manque, un inachèvement,

un mal être, il déprime ! Alors le Seigneur Dieu se remet au travail, il fait tomber sur l’homme un sommeil mystérieux.  Ce sommeil nous fait

entendre que ce qui va se passer ne dépend pas de l’homme, mais bien du Seigneur Dieu.

Avec la côte prise à l’homme il modèle la femme et l’amène vers l’homme qui, cette fois, s’écrie : voici l’os de mes os et la chair de ma chair.

On l’appellera femme.

L’humain devient l’homme, le masculin, dans la relation à celle que Dieu lui donne, la femme, le féminin.  La femme n’est pas la chose de

l’homme, elle est le don de Dieu qui instaure l’humanité dans cette relation réciproque, qu’Il rend nécessaire.

La Création de Dieu est progressive, elle n’est pas toute puissance ni instantanée. D’une certaine manière elle s’est révélée à Lui, au fur et à

mesure de ses initiatives. Elle s’est déployée, affinée, enrichie parce que le Seigneur s’est mis lui-même à l’écoute de ce qu’il a créé.

Comme un artiste qui commence une œuvre puis se laisse conduire par elle, vers son achèvement.

La différenciation sexuelle qui fait l’humanité homme et femme, masculin et féminin, confirme donc, deux choses essentielles :

La première c’est qu’aucun de nous ne se suffit à lui-même. Nous sommes des êtres manquants et le manque qui nous constitue ne peut pas

être comblé, il est l’espace de la nécessaire relation à l’autre.

La deuxième chose que confirme la différenciation sexuelle c’est justement que l’un ne se révèle humain que par l’autre avec qui il est mis en

relation.  La relation  à l’autre n’est pas accidentelle, elle est constitutive de l’humanité comme telle.

Cette mise en relation créatrice de l’humanité est orientée vers une seule chair, c a d vers la recherche d’une unité qui donne tout son sens à

nos relations et à notre vivre ensemble.  Donc ce que Dieu a uni que l’homme ne le sépare pas. Cette parole ne concerne pas que le mariage.

Cette unité dans laquelle nous sommes créés et donnés par Dieu les uns aux autres, hommes et femmes, semblables et différents, elle est le

fondement et le projet de l’humanité à construire comme un seul corps, et dont le corps de l’Eglise est une anticipation.

Pour revenir au récit de la Genèse, je me dis que s’il a fallu à Dieu tant de temps et de tâtonnements, pour les faire homme et femme, combien

plus de temps et de tâtonnements seront nécessaires pour que les hommes et les femmes, les couples, les familles et les peuples dans leur

relation réciproque deviennent une seule chair ? Pourquoi alors cette intransigeance à l’égard de ceux qui tâtonnent, se cherchent et parfois se

perdent sans se trouver ?

L’intransigeance de Jésus, dans son dialogue avec les disciples à la fin de cet évangile, peut nous mettre mal à l’aise.

Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre est adultère envers elle. En ce qui me concerne j’entends surtout cette parole de Jésus

comme une invitation faite aux disciples de ne pas s’abriter derrière la Loi mais plutôt de chercher toujours à intérioriser le projet de Dieu qui les

fit homme et femme …pour qu’ils deviennent une seule chair.

L’Eglise est invitée à témoigner du projet de Dieu qui les fit homme et femme… pour qu’ils deviennent une seule chair.  C’est le projet d’une

humanité qui ne trouvera son unité que si nous sommes capables de vivre les uns avec les autres, semblables et différents, comme des frères.

Jésus nous rejoint dans les limites de corps, d’espace et de temps dans lesquelles nous vivons, pour faire résonner le projet de Dieu, mais non

pas comme un idéal à atteindre ni comme un impératif qui s’impose à nous, mais comme une espérance qui nous arrache à nos échecs et

nous remet sans cesse debout et en route vers la communion.

L’attitude évangélique que le pape François veut privilégier c’est de partir de l’expérience des personnes, des épreuves et des échecs traversés

pour chercher avec elles, les traces de la bonne nouvelle de l’amour de Dieu, laissées par Jésus, dans chacune de nos existences.

Si les décisions prises à Rome, s’inscrivent dans cette perspective, elles seront alors un encouragement, une invitation au dépassement de soi.

Le projet de Dieu nous le vivons dans les limites de nos existences comme un chemin de salut difficile à discerner mais que la résurrection de

Jésus nous aide à tracer. Sur ce chemin, il y a des passages inévitables par la mort. Ces passages ne sont pas des sanctions divines ou des

échecs irréversibles mais des traversées à faire  car, comme le dit la lettre aux hébreux (2,9-11), si Jésus a fait l’expérience de la mort, c’est au

profit de tous… car il est à l’origine du salut de tous.

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