Homélie du dimanche 27 septembre 2015

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Marc 9, 38-48

Dimanche 27 Septembre 2015                 Marc 9, 38…48            26° Dim Ord B  

 

L’évangile d’aujourd’hui est une Bonne nouvelle et un avertissement.

Une Bonne nouvelle d’abord.

Nous n’avons pas le monopole de l’action au nom de Jésus et plus largement de l’action dans l’Esprit Saint.

Jean l’un des Douze a la même réaction que Josué dans le livre des Nombres. L’un comme l’autre refusent que l’Esprit de Dieu puisse agir par

des hommes qui, pour les premiers n’étaient pas dans la Tente de la Rencontre et qui, pour les autres, ne font pas partie du groupe des Douze.

Notre appartenance au Christ par le baptême n’enferme pas l’Esprit de Dieu dans le Corps de l’Eglise. L’Esprit agit par toute personne qui

contribue, par sa parole et son comportement, à rendre ce monde meilleur.

C’est bien pourquoi il ne sert à rien d’absolutiser les religions ou de les mettre en concurrence. La vérité est ailleurs. Là  où des hommes font

grandir la paix, là où ils servent la dignité des personnes, là où ils redonnent confiance et espérance, là où la fraternité avance, là où Dieu est

respecté et non utilisé, là où des hommes aiment comme Jésus a aimé, là agit l’Esprit de Dieu.

Et cette action peut être le fait de tout homme, croyants ou non, chrétiens ou pas.

Le fait que des hommes qui ne font pas partie de notre « groupe » puissent agir dans l’Esprit de Jésus, c’est une  dépossession salutaire pour

nous. L’Esprit de Dieu n’est jamais prisonnier de nos appartenances religieuses mais il habite tout homme pour le rendre plus humain à l’image

de Jésus, fils de Dieu et frère universel.

Cette  Bonne nouvelle de l’action de l’Esprit dans la vie de tout homme est aussi un avertissement pour nous : le baptême ne nous garantit pas

de vivre et d’agir assurément dans l’Esprit du Christ. Hypocrites, vous vous réclamez du Christ et vous refusez d’accueillir l’étranger menacé ?

Vous vous réclamez du Christ et vous jugez ceux qui ne vivent pas ou n’aiment pas comme vous ?

Nous entrons ce dimanche dans la semaine du festival des familles. Ce festival diocésain veut s’inscrire dans la démarche du synode romain

« sur la vocation et la mission de la famille dans l’Eglise et le monde contemporain ».

Ce synode, le deuxième en moins d’un an, est un moment décisif de la vie de l’Eglise, Pourquoi ? Parce que le modèle familial dans lequel

l’Eglise se reconnaît est mis à l’épreuve des conditions et des évolutions de la vie actuelle.

L’augmentation de la durée de la vie, l’émancipation des femmes, la revendication de l’individu d’être maître de ses choix, la relativisation des

institutions, autant d’évolutions qui ne sont pas sans conséquence sur la manière de concevoir et de vivre le mariage et la famille.

C’est sans doute pour cela qu’il y a aujourd’hui, dans la société civile, diverses formes de vie commune. Le mariage civil, mais aussi le PACS, le

concubinage, le mariage de personnes de même sexe au nom d’une égalité de droits et d’une non discrimination des minorités. Savez-vous

aussi que 57% des naissances se font hors mariage et que le nombre de divorce en 2013 a été de 46 pour 100 mariages. En 20 ans le nombre

de mariages religieux a diminué de moitié. Il représente aujourd’hui 28,6 % des mariages célébrés. Pour autant ces mariages religieux cachent

des postures bien diverses : entre ceux qui croient en Dieu sans reconnaître Jésus comme son Fils et ceux qui n’y croient pas ; entre ceux qui

croient qu’il y a bien quelque chose et ceux qui cèdent encore à la pression des familles.

Pourquoi alors, la bénédiction de Dieu ne prendrait-elle pas des formes plus adaptées aux profils des couples qui frappent encore à la porte de

l’Eglise, tant il est vrai que l’amour est une expérience qui ouvre sur le mystère même de Dieu?

Dans une société sécularisée comme la nôtre, tous les couples qui se marient ne sont peut-être pas appelés à s’engager nécessairement dans

le sacrement de mariage ? Peut-être ce sacrement est-il un signe prophétique auquel tous ne peuvent prétendre, à moins que la foi en Jésus le

Christ ne les inspire vraiment ?

Vous comprenez bien qu’aujourd’hui, on ne peut pas faire comme si les choses n’avaient pas changé. Ces évolutions nous invitent à refonder

notre approche du mariage et de la famille.  Non pas que notre approche soit nécessairement dépassée mais en tous cas,

elle ne s’impose plus à tous comme la seule et, en cela, il revient à l’Eglise de manifester en quoi la tradition biblique et la foi chrétienne

éclairent de leur lumière la vocation et la mission de la famille aujourd’hui.

Le fait que le synode romain commence à quelques semaines de l’ouverture de l’année de la miséricorde, nous dit dans quel esprit le pape

veut agir. Il s’agit pour l’Eglise d’annoncer à tous la Bonne nouvelle de la miséricorde de Dieu, de son amour gratuit pour tout être humain.

 Parce que Jésus nous aime sans condition et sans nous juger ; parce que, de la part de Dieu, il nous rejoint dans les situations concrètes qui

sont les nôtres, la grâce de cet amour divin nous délivre de tout jugement, de toute culpabilisation inutile, pour nous mettre sur un chemin de

conversion et d’espérance.  Le pardon offert n’est jamais une caution du péché mais une confiance toujours renouvelée au pécheur.

Ce qui est sûr c’est que l’évangile de ce dimanche nous invite à entendre :

-qu’il y a des familles aux diverses configurations ou situations, qui peuvent vivre de la foi en Jésus Christ et de l’esprit de l’évangile.

-Il nous fait aussi entendre qu’il ne suffit pas de s’inscrire dans le modèle familial traditionnel, pour nous assurer une vie conforme à la parole du

Christ et à l’esprit de l’évangile.

Nous vivons une époque formidable !

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