Homélie du dimanche 25 octobre 2015

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Evangile de Marc 10, 46-52

Homélie du dimanche 25 octobre 2015                      30° Dim Ord     B                   Marc 10, 46-52

 

Jésus sort de Jéricho. Il faut sortir de Jéricho pour vivre la rencontre qui s’annonce. Pour rencontrer les autres, il faut sortir. Pas seulement de

sa maison, ou de son pays mais surtout sortir de soi …

Sortir de soi ce n’est pas se renier soi-même, c’est plutôt se décentrer pour se disposer à accueillir, comme une bonne nouvelle, l’autre dans sa

différence, sa singularité, sa personnalité, sa culture.

Cette journée de rentrée pour notre secteur pastoral et l’accueil de la  communauté des africains de Bordeaux qui désormais posera sa tente ici

à la Trinité, cette journée commune nous offre l’occasion d’une sortie de soi pour nous rencontrer, nous connaître et sans doute aussi créer des

liens fraternels, nous associer à des missions communes, et nous encourager à vivre chacun ce qui nous est propre.

L’évangile insiste, en nous présentant Bartimée, sur sa filiation. Bartimée est le fils de Timée… Nous sommes tous fille ou fils de quelqu’un…

Nous ne naissons pas hors sol, hors de la génération. Nous sommes faits dans la matrice d’une culture, d’une relation conjugale, d’une famille

et d’appartenances multiples.

Nous ne naissons ni neuf ni neutre mais déjà héritier et modelé par une histoire familiale, psychologique, sociale et religieuse.

Nés nous sommes tout à la fois singuliers, uniques et aussi faits à la ressemblance de nos parents, de ceux qui ont accompagné notre

éducation et aussi de ceux qui marchent avec nous. Notre vie s’inscrit dans des limites qui sont aussi nos chances puisque hors d’elles nous

n’existerions pas.

Voilà pourquoi notre assemblée, pour former en vérité le corps du Christ doit assumer la diversité qui nous constitue. La reconnaître, l’exprimer,

mettre chacun à sa juste place en faisant aux autres leur place et rendre grâce à Dieu de nous avoir faits si différents et si semblables.

Ce n’est pas simple de vivre l’unité dans la diversité. Parler, par exemple, de communauté africaine c’est le risque de gommer la diversité des

peuples qui constituent ce grand continent et, dans chacun de ses peuples, la diversité des opinions et des appartenances qui s’y expriment. 

Ne faisons pas de l’unité un grand fourre-tout qui ne respecterait pas nos diversités. Le corps du Christ est un dit Paul, mais il a une diversité de

membres … Or vous êtes le corps du Christ et vous êtes ses membres chacun pour sa part…(1Co 12-13,27).

jamais les uns sans les autres ! L’unité est un don mais aussi une construction à réaliser.

Bartimée n’est pas seulement fils de… il est aussi aveugle, mendiant et assis au bord du chemin. Il est la figure de tous ceux qui ont perdu leurs

repères, de tous ceux qui vivent une forme d’exclusion ou de dépendance.

Nous pouvons rester au bord du chemin quand nous cherchons un emploi ou un hébergement ; quand nous sommes déracinés, que nous

venons d’un autre pays ou d’une autre région; quand nous sommes marginalisés par un problème de santé, un divorce ou un deuil ; quand

nous n’y voyons plus très clair dans notre vie….

Mais la bonne nouvelle de cet évangile c’est que Bartimée qui est mendiant, aveugle, assis au bord du chemin  c’est le même qul est capable

de crier vers Jésus puis de jeter son manteau, de bondir et de courir vers Lui comme s’il était déjà guéri, alors qu’il est encore aveugle.

Nous sommes parfois comme cet homme qui a tellement perdu confiance en lui-même qu’il reste là seul, passif, résigné, assisté ou exclus.

La rencontre de Jésus réveille notre foi, pas seulement en Lui, mais en nous même.

Cette foi élémentaire qui est capable de nous remettre debout et en mouvement, et que Jésus réveille, elle est en nous et en tout être humain,

mais parfois en sommeil !

Voilà la bonne nouvelle de cet évangile.

Mais cette bonne nouvelle, ce réveil de la foi qui remet debout et en confiance, elle se double d’une responsabilité.

Notre responsabilité de chrétiens c’est de faire entendre l’appel de Jésus en réveillant la foi qui dort en chacun : Confiance, lève-toi, il t’appelle.

Voilà exprimée, en quelques mots forts, notre mission de disciples.

Que ce soit dans le secteur pastoral Bx Nord ou dans l’aumônerie de la communauté des africains de Bordeaux, 

nous sommes chargés de faire entendre  et de vivre par nos paroles et nos engagements fraternels ce cri : Confiance, lève-toi, il t’appelle.

Serviteurs de l’appel de Jésus, notre mission consiste à redonner confiance à chacun, à croire que chacun a en lui la capacité de se mettre

debout, de retrouver sa dignité, sa liberté, de reprendre sa marche avec les autres.

Puissions-nous nous aider à vivre ensemble cette dynamique heureuse dont l’évangile d’aujourd’hui est porteur pour nous tous.

Va, ta foi t’a sauvé. Oui c’est la foi qui nous sauve ; cette foi en nous-même que la foi de Jésus réveille et que la foi en Jésus fait grandir.

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