Homélie du dimanche 24 janvier 2016

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Evangile de Luc 1, 1-4 ;4,14-21

Homélie du dimanche 24 janvier 2016        3ème dimanche du Temps ordinaire  Année C       Luc 1, 1-4 ;4,14-21  

 

Dans le livre de Néhémie, le peuple de Dieu, revenu de l’exil à Babylone, se rassemble pour la lecture des Ecritures. C’est l’époque où la Bible

prend forme en même temps que le peuple se reconstruit. Cette coïncidence est pleine de sens ! Esdras proclame la Parole de Dieu du haut

d’une tribune de bois construite tout exprès pour qu’il domine l’assemblée… C’est l’origine de l’ambon !

La Parole de Dieu réunit un peuple jusque là dispersé et va le reconstruire comme peuple de Dieu. Nous sommes, nous aussi, dispersés dans

un monde sécularisé et émietté par l’individualisme contemporain. Cet individualisme,  s’il nous donne une autonomie, une liberté, nous isole

aussi et rend difficile la conscience de notre appartenance communautaire.

Le peuple, en répondant : Amen ! à la proclamation d’Esdras dit son consentement à la Parole de Dieu. Pour nous c’est Jésus qui est la Parole

de Dieu, le Verbe fait chair. Le rencontrer, à travers la médiation des évangiles et de l’Eglise c’est devenir des êtres de parole, des

interlocuteurs du Très haut. De même que l’enfant baigne, dès le ventre de sa mère, dans la parole d’amour qui l’appelle à la vie, ainsi

l’évangile partagé est la matrice ecclésiale qui nous construit à l’image de Jésus, parole de Dieu pour nous et parole de l’homme à Dieu.

Le passage de la lettre de Paul aux Corinthiens développe la métaphore du corps pour parler du peuple de Dieu, de l’Eglise. Par le baptême

nous sommes membres du Corps du Christ et chacun pour notre part nous sommes les membres de ce Corps. 

Il nous faut entendre qu’il n’y a pas, dans l’Eglise, des citoyens de seconde zone. Nous sommes tous membres du Corps du Christ et cette

appartenance, si elle est une grâce, elle est aussi une responsabilité. Le contexte actuel nous oblige à ne plus nous situer comme de simples

consommateurs de rites religieux, mais comme les membres actifs d’un Corps qui est celui du Christ pour le monde ! Ce corps que nous

formons, il n’est pas « pour nous » mais « pour les autres » dans le sens où sa finalité c’est de faire signe du Christ aux autres.  

Mais pour faire signe du Christ aux autres, il faut, pour le moins, être convaincus que notre foi en Jésus stimule et approfondit notre foi en la vie

et en l’homme. Cette conviction est d’autant plus importante, dans un contexte où la société dans son ensemble n’attend plus rien de Dieu ni de

l’Eglise.
Pendant des siècles, et encore aujourd’hui dans d’autres pays, l’Eglise a été un facteur de développement humain dans de multiples domaines

comme l’éducation, l’enseignement, la santé, l’agriculture, les solidarités sociales.

Aujourd’hui la société s’est émancipée de toutes les institutions y compris religieuses, puisque chacun veut pouvoir décider pour lui-même de ce

qui est bon pour lui. Cette émancipation des individus est un fait sans doute irréversible. Alors si l’Eglise ne sert plus à rien, quelle peut être,

malgré tout, sa contribution dans des sociétés comme la nôtre ?

L’évangile d’aujourd’hui nous donne des éléments de réponse. En trouvant le passage du prophète Isaïe, le Seigneur Dieu, par Jésus, nous

met sur une piste, celle de l’humain : l’Esprit du Seigneur est sur moi, il m’a consacré par l’onction, il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux

pauvres, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.

Ce n’est pas parce que la société n’attend plus rien de l’Eglise que l’Eglise n’a pas un service à rendre à la société et aux hommes qui l’habitent.

Comment ?  D’abord en encourageant les chrétiens à participer d’une manière active et solidaire à la vie sociale et aux luttes humaines. En

vivant sa foi dans la gratuité, sans prosélytisme et aussi en cherchant à proposer des initiatives nouvelles qui peuvent répondre, dans le respect

de la dignité et de la liberté des personnes, aux situations de détresses qu’elles vivent. 

Par exemple, l’invention des soins palliatifs, a été une manière positive, pour des chrétiens, de répondre autrement à la question de la fin de vie

et du suicide assisté.

La démarche de l’année sainte de la miséricorde fait écho à l’annonce par Jésus d’une année favorable accordée par le Seigneur. Cette année

de la miséricorde nous offre la possibilité de redécouvrir que l’amour viscéral de Dieu pour nous est plus décisif que toutes nos transgressions

ou toutes nos fidélités religieuses ou morales ! Elle nous invite à aimer nos contemporains sans retenue, comme Jésus a aimé les siens,

jusqu’au don de nous-mêmes, jusqu’au pardon, persévérants et désarmés.

Dans les évangiles synoptiques l’annonce par Jésus du règne de Dieu est toujours confirmée par des signes qui l’accompagnent et ces signes

sont de guérison, de délivrance, de pardon, de relèvement, de réintégration.

Ces signes ne sont pas posés par Jésus, sous condition, mais gratuitement, par pur amour. Il ne les pose jamais pour convertir mais plutôt pour

confirmer la foi qui habite ses interlocuteurs. C’est peut être, dans cette forme de présence amicale et gratuite que l’Eglise, inspirée par Jésus, 

peut trouver à vivre une contribution heureuse à notre vie ensemble.  Ces défis ne tolèrent plus des chrétiens passifs ou consommateurs mais 

imaginatifs, fraternels et acteurs !

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