Homélie du dimanche 17 janvier 2016

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Evangile de Jean 2,1-11

Homélie du dimanche 17 novembre 2016         2ème Dim du Temps ordinaire Année C           Jean 2, 1-11

 

La participation de Jésus à une noce, c’est son premier acte public dans l’évangile de Jean, trois jours après avoir choisi ses 1°disciples. Une

façon pour St Jean de nous dire que la mission de Jésus s’inscrit dans l’histoire de l’alliance. Jésus est l’expression totale et définitive de

l’alliance de Dieu avec les hommes. En lui les noces de Dieu avec l’humanité sont annoncées.

Mais ce récit  des noces de Cana fait naître aussi plein de questions.

Comment peut-on manquer de vin à un mariage ? Pourquoi une telle quantité de vin à la fin d’un repas où tout le monde est repu ? Que signifie

cette transformation de l’eau en vin ?  Où est la mariée ? Il n’en est pas question ! Quand à l’époux il n’en est fait qu’une mention discrète, juste

pour entendre s’exprimer l’étonnement du maître du repas à propos de la qualité du vin servi.

Quel contraste aussi entre le signe fait par Jésus, signe qui n’est connu que de Marie et des serviteurs, et la manifestation de la Gloire

de Jésus ?

Comment comprendre la place prise par Marie et Jésus dans ces noces ? Et leur dialogue ? Marie serait-elle la figure de la femme, de

l’humanité épousée qui fait confiance à la parole de Jésus , s’appliquant à vivre ce qu’elle demande aux serviteurs/ faites tout ce qu’il vous dit !

Une chose est sûre, Marie repère le manque de vin et l’exprime à Jésus : Ils n’ont plus de vin. Mais Jésus résiste à sa mère. Femme, que me

veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue.  C’est à lui de décider le moment où il va engager sa vie dans un choix décisif. Un choix qui, pour

être libre et assumé, ne peut se faire sur la pression de personne, pas même de sa mère.

L’heure de Jésus dans St Jean, c’est l’heure de sa passion et de sa mort sur la croix. Mais dans ce récit qui ouvre sa mission, Jésus entrevoit

que son heure est là. Dès le début, sa vie est déjà donnée, offerte. Il est l’époux qui donne à l’humanité son consentement :  Je me donne à

vous pour vous aimer fidèlement, dans le bonheur et dans les épreuves, tout au long de ma vie. Il est le véritable époux de ces noces. Et

l’épousée c’est l’humanité toute entière, dont l’Eglise, figurée par les disciples et par Marie, est le signe.

Par ce don libre de soi à Dieu et aux autres, Jésus choisit de manifester que Dieu n’est qu’amour et que son amour est total et sans retour, tel

des noces éternelles.

Marie perçoit le manque de vin et le désigne à Jésus. Pourquoi ce manque de vin est-il pointé ? Et que signifie-t-il ?

Ce qui manque le plus à nos relations c’est le vin de la fête et de la gratuité.

Notre foi et nos relations humaines sont souvent vécues dans le registre du besoin ou de l’utile ! Je t’aime parce que j’ai besoin de toi, parce

que tu m’es utile !

Le vin qui manque à notre foi comme à nos relations c’est celui de la gratuité.

On est dans un monde où la nature comme les hommes sont instrumentalisés ; où les relations doivent d’abord viser l’efficacité, s’inscrire dans

des réseaux utiles pour notre vie, notre travail, notre place dans la société.

Le vin qui manque à nos relations humaines et même à nos alliances, c’est le vin de la gratuité et de la joie.

La vie devient un enfer si je ne peux aimer la nature, Dieu ou les autres que parce que j’en ai besoin ! Dans ce cas là j’utilise les autres quand

j’ai besoin d’eux et je les ignore dés lors qu’ils ne me servent plus à rien.

A trop vouloir exploiter la terre à des fins utilitaires et d’enrichissement, j’en épuise les ressources, j’en détruis la beauté et je mets en danger la

vie des générations futures. La création comme la vie est aussi de l’ordre de l’inutile, de l’ordre de la grâce. Elle m’apprend le beau ! Et la

contemplation de la beauté de la création me rend meilleur avec les autres et avec moi-même.

Les autres je les aime aussi parce qu’ils ne sont pas moi, parce qu’ils sont autre et que leur altérité m’enrichit, me dépayse, me fait voyager.

La transformation de l’eau en vin nous invite donc à faire des passages, à vivre des transformations et en particulier :

A passer du besoin et de l’utile au gratuit ; à passer du rite à la joie de la foi comme alliance. A passer de l’eau de la purification au vin de la

fête.

Les jarres de la purification nous renvoient à nos impuretés, à notre péché, elles culpabilisent, comme la Loi.

Les jarres de vin, elles, nous invitent à la fête et à la joie en surabondance. Le souci de Dieu ce n’est pas notre purification c’est de réussir, avec

nous et pour nous, la fête de l’alliance et la joie de la foi.  L’eau, ça coule de source, c’est un élément vital et nécessaire. L’eau c’est la vie et

c’est déjà beaucoup. Mais le vin c’est un « plus », car on peut vivre sans vin. Le vin c’est ce qui permet de faire de la vie une grâce et une fête.

Mais pour que la fête de l’alliance et la communion qu’elle permet entre les personnes et avec Dieu, soit authentique et durable, il faut qu’elle

s’inscrive dans une alliance gratuite où chacun est prêt à donner sa vie.  C’est ce qu’annonce ce mariage, les noces de Jésus avec l’humanité.

Il nous aimera jusqu’au bout. Le vin devient le sang versé d’un amour qui ne se reprend pas !

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