Homélie du dimanche 13 décembre 2015

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Evangile de Luc 3,10-18

Homélie du dimanche 13 décembre 2015             3ème Dimanche de l'Avent C                  Luc 3, 10-18

 

Cet évangile de Luc se déroule en deux temps.

Le premier temps met en scène des foules qui venaient se faire baptiser par Jean en lui demandant : Que devons-nous faire ?

La question laisse apparaître, de la part de ceux qui la posent, leur disponibilité intérieure et, en même temps, leur difficulté à trouver par eux-

mêmes le chemin de leur conversion. Que devons-nous faire ? Nous nous posons, nous aussi, la question face à des situations qui nous

échappent par leur complexité, leur opacité ou leur urgence. Que devons-nous faire ? C’est la question que les 195 pays du monde réunis à

Paris se sont posés pendant quinze jours à propos du réchauffement climatique !

Que devons-nous faire ? Cette question nous situe dans l’ordre de l’agir, des choix à faire c’est à dire dans l’ordre de l’éthique.

Lorsqu’on accueille des personnes pour un baptême, un mariage, ou une inscription en catéchèse la discussion fait souvent apparaître que la

première motivation de la demande c’est l’adhésion commune à des valeurs que l’Eglise incarne.  Mais on peut adhérer aux valeurs de l’Eglise,

sans adhérer à sa foi.

Ce qui veut dire que ce ne sont pas les valeurs qui expriment l’originalité de l’Eglise, mais bien sa foi.

Que devons-nous faire ? La question concerne tout homme qui s’interroge sur ses choix de vie, qu’il soit ou non croyant.

A la question posée à Jean par les foules, sa réponse n’est pas une réponse générale ni idéologique. C’est une réponse concrète qui est de

l’ordre du possible et qui invite au partage ceux qui ont de quoi manger et se vêtir ; c’est une réponse concrète qui invite à l’intégrité les

collecteurs d’impôts, au refus de tout abus de pouvoir les soldats.

Si l’impossible appartient à Dieu, le possible est notre domaine d’action. Et la réponse de Jean renvoie chacun à ce qui est possible,

dans sa vie !

Il faut se méfier parfois des grands discours sur les valeurs. Car vous le savez bien, ça n’engage pas beaucoup, de dire qu’on se reconnaît

dans des valeurs de tolérance (qui n’empêchent pas certains de voter FN), ou dans des valeurs de solidarité (qui n’en empêchent pas d’autres

de se préoccuper d’abord de leurs intérêts). On peut bien tous se réclamer de la devise républicaine : liberté, égalité, fraternité.  Mais les uns et

les autres, ça ne nous empêche pas de vivre dans un monde où les inégalités se creusent, où les préjugés l’emportent sur la fraternité, et où la

liberté est un leurre pour les pauvres, un luxe qu’ils ne peuvent pas s’offrir!

L’approche de Jean est une approche concrète, qui engage chacun, dans le domaine du possible. Et c’est important de rappeler cela, un jour

d’élections où nous sommes mis devant notre responsabilité de citoyens.

La politique n’est-elle pas l’art du possible et la citoyenneté une responsabilité à exercer ?

Le deuxième temps de l’évangile met en lumière le peuple qui était en attente se demandant si Jean n’était pas le Messie.

Là on ne parle plus de « foules » mais de « peuple », on ne parle plus ce qu’on doit faire, mais on attend quelqu’un !

Le peuple désigne le peuple de Dieu.  L’accent n’est plus de savoir ce qu’on doit faire mais qui on attend ! On passe d’un faire à une attente et

cette attente elle est la trace d’un manque et d’un désir qui habite les croyants.

La question n’est plus seulement : Que devons-nous faire ? Mais aussi qu’attendons-nous ? Qui attendons-nous ?

Ce qui est une manière de comprendre que l’adhésion à des valeurs, l’éthique dans laquelle on essaie de vivre ne suffit pas à notre bonheur, si

l’amour n’en est pas la source. Je ne crois pas, en effet, qu’on puisse vivre seulement pour des valeurs, mais d’abord pour quelqu’un.

Nos pratiques morales n’ont de sens que comme réponse d’amour à un amour premier qui nous touche, celui de quelqu’un.

Je ne suis pas devenu prêtre d’abord pour défendre des valeurs mais pour aimer Dieu et les autres en réponse à la rencontre de Jésus par

lequel je me suis senti aimé et appelé.

La morale durcit le coeur si elle n’est pas une expression de l’amour des autres. Et la foi est une hypocrisie si l’amour de Dieu ne s’exprime pas

dans celui des autres par des actes concrets qui le manifestent.

La foi est d’abord une rencontre d’amour qui nous met en route et donne un sens à notre vie ; mais en nous ouvrant sur Dieu, la foi nous ouvre

sur les autres au point que l’amour de Dieu devient la source de notre amour des autres.

Cet évangile nous rappelle qu’on ne peut avoir une pratique morale heureuse qu’en posant des actes de l’ordre du possible qui expriment notre

amour des autres, et pour les croyants notre amour de Dieu.

C’est pourquoi je préfère l’Eglise quand elle annonce la Bonne Nouvelle de l’amour gratuit et viscéral de Dieu pour tout homme, plutôt que

quand elle joue les gardiennes de la morale en oubliant que  l’amour en est la source ! C’est pour redécouvrir cela que le pape François a

ouvert ce 8 décembre une année de la miséricorde.

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