Homélie du dimanche 10 avril 2016

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Evangile de Jean 21,1-19

Homélie du dimanche 10 avril 2016               3° Dim de Pâques C                     Jean 21,1-19

 

Ce chapitre 21 de Jean est un rajout, un ultime témoignage parmi tous les signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui sont écrits

dans ce livre…

Nous sommes après la mort de Jésus, les disciples sont comme livrés à eux-mêmes, renvoyés à leur vie d’avant. Ils ont repris leur métier.

Ils se retrouvent sur le bord du lac comme désoeuvrés. Ils sont dans le deuil et Pierre décide d’aller à la pêche, un vieux réflexe, sans doute

pour occuper le temps et reprendre lentement goût à la vie. Les autres disciples se joignent à lui.

C’est dans ce contexte que Jésus ressuscité va se manifester.

Les disciples partirent, montèrent dans la barque ; or, cette nuit là, ils ne prirent rien. Depuis quarante ans que je suis prêtre je n’ai jamais été le

témoin d’une pêche miraculeuse ! Par contre j’ai souvent fait l’expérience de mon inefficacité. Et s’il y a un miracle il n’est jamais de l’ordre du

quantitatif !

Ça fait douze ans que je suis dans cet ensemble pastoral et quand je m’essaie à répertorier la somme d’initiatives que nous avons prise pour

servir l’annonce de l’évangile, je suis étonné de notre créativité autant que de notre inefficacité.

Ce qui arrive donc aux disciples cette nuit-là, finalement ça me rassure !

Nous ne sommes pas les premiers à être inefficaces et peut-être même que l’inefficacité est un passage nécessaire pour devenir vraiment

disciples de Jésus.

Quand on regarde de plus près ce récit, on s’aperçoit qu’être disciples consiste, pour l’essentiel, à faire confiance à la parole de Jésus.

Réécoutons ce bref dialogue : Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? Ils lui répondent : non ! Il leur dit : Jetez le filet et vous trouverez.

Ils jetèrent donc le filet et cette fois, ils n’arrivaient pas à le ramener tellement il y avait de poisson.

L’acte de foi des disciples c’est de jeter le filet sur la parole de Jésus alors même qu’ils avaient passé toute la nuit sans rien prendre.

Être disciples de Jésus c’est donc bien de faire confiance à sa parole et de se lancer malgré tout !

Une confiance qui ne se laisse envahir ni par le doute ni par le découragement face au constat d’inefficacité que nous faisons tous les jours. 

Une confiance assez humble et lucide pour ne pas se laisser prendre par la suffisance et l’aveuglement de ceux qui s’attribuent les mérites

d’une expérience réussie …

D’ailleurs, le disciple que Jésus aimait ne s’y trompe pas. Devant le constat du filet plein de poissons, il ne s’attribue pas l’abondance de la

pêche, il dit à Pierre : C’est le Seigneur !

Le disciple que Jésus aimait nous rappelle que l’amour de Jésus et l’amour pour Jésus, c’est la vraie raison de notre vocation chrétienne et de

notre mission.

Mais ce récit fait naître une interrogation : notre mission serait-elle de prendre, dans les filets de l’Eglise, les hommes que l’on pourrait piéger

ou convaincre ? Cette conception me met mal à l’aise et, qui plus est, elle ne me semble pas correspondre au témoignage de Jésus, à sa

manière gratuite et respectueuse d’aborder les autres et de les faire vivre. Le plus souvent, dans l’évangile, quand Jésus rencontre, pardonne

ou guérit ce n’est pas pour s’attacher les gens c’est pour reconnaître ou réveiller leur foi et les renvoyer vers leur vie à vivre ! 

Autant de rencontres qui témoignent que la mission de Jésus s’exprime dans la gratuité, en restaurant l’homme dans sa santé, sa dignité, ses

relations, sa confiance.

Jésus n’aime pas les gens ‘pour en faire des disciples’. Il les aime gratuitement, pour eux-mêmes, parce qu’Il est l’expression vivante de

l’amourde Dieu, de Dieu qui est Amour.

Je ne crois pas que notre mission de disciples consiste à faire du chiffre ou du nombre ! En cela, notre inefficacité est un espace offert à

l’initiative du Christ et à la liberté des autres. Il n’y a que dans les totalitarismes qu’on fait du nombre.

Je crois que l’abondance de la pêche ne signifie pas que notre mission est d’abord quantitative mais qu’elle est universelle. Saint Jérôme, qui a

traduit la bible en latin au 4° siècle disait que les 153 gros poissons étaient la recension des diverses espèces existantes.

Ce commentaire confirme la symbolique de l’universalité et dans ce filet qui ne se déchire pas, image du Royaume, tous les hommes sont

appelés et ont leur place.

Je voudrais conclure en évoquant ce repas pris par Jésus avec ses disciples sur la plage. Il a une forte connotation eucharistique. C’est d’abord

Lui qui invite, qui convoque !

C’est le repas du Christ ressuscité. Il célèbre le don de Dieu, dans la résurrection de Jésus et son amour pour nous jusqu’à la mort.

C’est le repas où le Christ s’associe ses disciples en faisant appel au fruit de leur travail : Apportez donc de ces poissons que vous venez de

prendre, alors qu’il est lui-même entrain d’en faire griller.

C’est le repas qui manifeste la foi des disciples en la parole de Jésus. Ils ont jeté les filets. Et cette foi des disciples elle s’exprime doublement :

par le disciple que Jésus aimait, car la foi est amour de Jésus et amour pour Jésus et par le plongeon de Pierre qui se risque au moment même

où il apprend que c’était Jésus. Ce repas, il a encore une dimension eucharistique car il ouvre sur l’universel de la mission et il a une dimension

eschatologique car il nous invite à croire au rassemblement de tous les hommes en Dieu, comme les 153 poissons dans un filet plein qui ne se

déchire pas  !

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