Méditation sur la 2ème lecture du dimanche 4 septembre 2016

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Lettre de saint Paul apôtre à Philémon (Phm 9b-10.12-17)

 

Paul écrit à son ami Philémon au sujet d’Onésime, son esclave qui s’est enfui et qui mérite donc la mort selon l’usage. Mais voilà qu’au cours de sa cavale Onésime a rencontré Paul et il est devenu chrétien. Paul renvoie alors l’esclave vers son maitre en suggérant à ce dernier de l’accueillir comme un frère et non comme un esclave fugitif.

La méthode de Paul est typique de la manière de procéder des premiers chrétiens : il ne dénonce pas l’esclavage pas plus qu’il ne s’insurge contre le statut inférieur de la femme. Ces manières de penser étaient tellement ancrées dans les mentalités qu’il était difficile, à l’époque, de penser différemment.

Il propose par contre de sérieux changements de perspective : s’il ne condamne pas l’esclavage, il invite à considérer les esclaves comme des frères. De même pour ce qui est des femmes : il n’ose pas aller jusqu’à dire qu’elles sont les égales des hommes mais il préconise le respect mutuel, il propose à l’homme de considérer sa femme comme sa propre chair, il compare les relations dans le couple à celles qui unissent le Christ à l’Église. La soumission dont il parle change alors de sens en profondeur, il engage une nouvelle dynamique même si le mot utilisé continue à nous gêner…

mains-esclave

Les débuts du christianisme ont été profondément marqués par cette manière de considérer les esclaves. Ces derniers se sont retrouvés invités dans des communautés où ils étaient appelés « frères » et étaient considérés comme tels, ce qui était inouï à l’époque. Ils se sont convertis en grand nombre parce que, si leur statut restait certes inchangé, ils étaient traités d’égal à égal avec les hommes libres.Les chrétiens n’ont donc pas aboli l’esclavage comme ils n’ont pas non plus revendiqué immédiatement l’égalité entre les hommes et les femmes mais ils ont proposé à la société des valeurs de respect mutuel, de fraternité, d’acceptation de la différence, d’attention aux petits et aux faibles, de tolérance, valeurs qui n’ont pas fini de révéler leur efficacité… même si les disciples du Christ, y compris en Église, n’ont pas toujours été fidèles à ces valeurs évangéliques !!!

Le débat demeure : faut-il commencer par changer les structures ou bien les mentalités ? L’essentiel, en fait, est de ne pas se laisser enfermer dans une telle alternative : un changement qui ne s’inscrit pas dans des structures, des coutumes ou une législation n’est qu’un écran de fumée… Mais ne connaissons-nous pas également bien des lois qui restent lettre morte parce que les mentalités n’ont pas suivi ?

Saint Paul ne fait que la moitié du chemin quand il nous invite à considérer les autres comme des frères mais l’impulsion est bonne. En s’appuyant sur cet élan, les chrétiens feront bien de ne pas perdre le souci de s’engager dans le monde pour aller jusqu’à changer les structures oppressives.

 


Lecture de la lettre de saint Paul apôtre à Philémon (Phm 9b-10.12-17)

Bien-aimé,
    moi, Paul, tel que je suis, un vieil homme
et, qui plus est, prisonnier maintenant à cause du Christ Jésus,
    j’ai quelque chose à te demander pour Onésime,
mon enfant à qui, en prison, j’ai donné la vie dans le Christ.
    Je te le renvoie,
lui qui est comme mon cœur.
    Je l’aurais volontiers gardé auprès de moi,
pour qu’il me rende des services en ton nom,
à moi qui suis en prison à cause de l’Évangile.
    Mais je n’ai rien voulu faire sans ton accord,
pour que tu accomplisses ce qui est bien,
non par contrainte mais volontiers.
    S’il a été éloigné de toi pendant quelque temps,
c’est peut-être pour que tu le retrouves définitivement,
    non plus comme un esclave,
mais, mieux qu’un esclave, comme un frère bien-aimé :
il l’est vraiment pour moi,
combien plus le sera-t-il pour toi,
aussi bien humainement que dans le Seigneur.
    Si donc tu estimes que je suis en communion avec toi,
accueille-le comme si c’était moi.

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