Homélie du dimanche 11 septembre 2016

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Evangile de Luc 15, 1-32
 
Dans la parabole du père avec ses deux fils, ne croyez-vous pas que c’est du fils aîné que nous sommes le plus proches ? Nous qui faisons plutôt partie des bien-pensants et des bien faisants, nous n’avons rien de grave à nous reprocher ; nous nous reconnaissons pécheurs mais « pas tant que cela ! », nous aurions même tendance à nous mettre (modestement !) un peu au dessus de la moyenne pour ce qui est de la foi et des mœurs… Nous qui cherchons à nous ouvrir aux pauvres, nous faisons quand même attention à nos relations en sorte que nous ne fréquentons pas n’importe qui… Nous ne sommes pas loin de penser que nous mériterions un traitement de faveur de la part du Père, au moins un chevreau dit le fils aîné, vus les efforts que nous déployons pour nous conformer aux paroles de Jésus, et nous éprouvons une pointe de jalousie quand nous constatons que nous sommes mis à peine au niveau de ceux qui ceux qui sont loin. « C’est bien la peine… »
 
Le pape François finit aussi par nous agacer avec son discours sur les périphéries. Peut-être pensons-nous qu’il devrait se préoccuper davantage de ceux qui restent fidèles à la parole de Jésus-Christ et à l’institution avant d’aller vers ceux qui sont loin. Soyons réalistes disent certains : l’avenir de l’Église n’est-il pas dans les chrétiens réunis en communautés ? Il faut bien reconnaître pourtant que, par ses choix, le pape répond à l’invitation de l’Évangile de laisser les 99 fidèles pour aller chercher la brebis perdue…  Est-ce la bonne stratégie de développement ? Sûrement pas si on s’en tient aux normes humaines ! Mais peut-être que l’Esprit emprunte des chemins autres que les nôtres. Ce ne serait pas la première fois…
 
Mieux vaudrait nous libérer du ressentiment qui nous habite, le même qui empêche le fils aîné de la parabole d’aimer son frère. Il faut nous laisser toucher par la parole du Père : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi ». Gardons-nous d’oublier le bonheur qu’il y a à vivre auprès du Père. Si nous pensons que le secret d’une vie en plénitude est une existence dissolue, c’est que nous ne tenons pas compte de la paix et de la joie qui nous habite quand nous nous reconnaissons aimés de Dieu et en communion avec des frères. Nous estimons que nous avons du mérite à faire effort pour suivre Jésus alors qu’ainsi nous allons dans le sens de notre nature profonde, nous nous accomplissons en dépassant les plaisirs futiles. La vie à la suite du Christ n’est pas une source de mortifications mais le véritable chemin de l’humanisation.
 
Alors, au lieu d’envier secrètement les fils prodigues, nous ferions mieux d’apprendre à goûter notre chance de nous savoir aimés de notre Père du ciel et de nous demander vers quelles périphéries nous sommes envoyés.

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